Approvisionnement alimentaire : Qui veille au grain?

Dossier paru dans Préventique n°156 Janvier 2018

9 septembre 2018, 23 h 52 : une cyberattaque d’ampleur inégalée paralyse toute la chaîne des acteurs de l’approvisionnement alimentaire de l’Hexagone. 1 h 18 : les chaînes d’information, en mal de sensations depuis leur « recadrage » suite à leur traitement des derniers attentats, affirment que les magasins n’ont que quatre jours de stocks. 8 h 45: la communication officielle se veut rassurante mais l’information est « imprimée » par la population, de nos jours devenue intolérante à la frustration. Déjà, des files d’attentes assiègent les magasins qui voient leurs rayons vidés en quelques minutes. La suite n’est pas des plus joyeuses et le «Vivre ensemble » se retrouve en quelques heures relégué à la liste des expressions désuètes… Impensable? Nous pourrions faire appel à la «pyramide des besoins individuels » selon Maslow que j’ai déclinée selon le principe de prise en charge collective. Ainsi, nous trouverions de quoi nous étonner au sujet d’une chose essentielle mais pourtant jamais abordée sous le prisme des « risques » au sein de nos sociétés d’abondance: la production et l’approvisionnement alimentaires territorialisés. Nous pouvons ainsi observer que nous avons mutualisé des besoins à travers des « infrastructures » (énergétiques, sanitaires, sociales, sécuritaires, de secours, juridiques, etc.). Listons, par ordre d’importance décroissant, les trois premiers étages de la célèbre pyramide et déclinons-les, certes de façon non exhaustive, en «prise en charge collective ». Les besoins physiologiques : boire (acheminement de l’eau potable), faire ses besoins (collecte et traitement des déchets, assainissement), se réchauffer (acheminement de l’électricité), respirer (politique de l’air), dormir (tapage nocturne dans le Code de la santé), se reproduire (politique nataliste, allocations familiales). Les besoins de sécurité: sécurité des revenus et des ressources (minimas sociaux), sécurité morale et psychologique (état de droit, répartition des pouvoirs), santé (politique sanitaire, sécurité sociale, Sdacr), logement (politique du logement), sécurité physique (police, armée), stabilité familiale et sécurité affective (Code et État civils). Le besoin d’appartenance : roman national, hymnes, devise.

L’aveuglement face à la vulnérabilité de l’approvisionnement alimentaire. Et l’infrastructure « nourricière » ? « Manger » fait pourtant partie du premier étage des besoins, non? Pourquoi le «politique» a-t-il pris en charge tous les autres sauf celui-ci ? C’est d’autant plus curieux que… garantir les conditions d’un minimum de sécurité alimentaire était un pilier de la légitimité des consuls au Moyen Âge dans le Midi… Dans cette logique, celle-ci devrait répondre aux besoins par une chaîne résiliente, allant du foncier au consommateur, en passant par la production, les producteurs, le stockage, la transformation, les transports et la distribution… Que le lecteur ne se méprenne pas, mon intention n’est pas de le mener sur le chemin de nouveaux « kolkhozes » mais de l’interroger sur cet élémentaire « talon d’Achille alimentaire» dans la pyramide des besoins collectifs. En effet, nous avons commencé par « courir » après la nourriture (chasse et cueillette), Puis, afin de commencer à sécuriser son accès, nous l’avons produite autour de nous (invention de l’agriculture au Néolithique). Ensuite, pour la sécuriser, nous nous sommes regroupés en communautés. ››

Et aujourd’hui ? C’est la nourriture qui « vient » à nous, sans que l’on s’inquiète vraiment du « comment ? » et du « jusqu’à quand? ». Ainsi, production et consommation n’étant plus territorialisées, nos territoires, même ruraux, sont «alimentairement malades » car non autonomes, mais « tiennent » car «perfusés » par les camions de la grande distribution. Hélas, cette dernière n’a que quelques jours de stocks… À l’heure du tout-connecté et des cyberattaques, où le lien social se délite, que se passerait-il si l’approvisionnement connaissait une sérieuse avarie ? Une « pathologie territoriale » se déclarerait sous la forme de troubles à l’ordre public… Est-ce que les maires savent que leurs lointains prédécesseurs étaient hautement responsables sur cela? Réalisent-ils qu’ils se retrouveraient en «première ligne» ? L’inconscience et le sentiment d’invulnérabilité ne renforcent-t-ils pas, autant chez les jacobins que chez les girondins, cette vulnérabilité? À l’heure de nouvelles menaces (dépendance totale au numérique, déplacements de populations, dérèglement climatique, artificialisation des terres et achats par des puissances étrangères, etc.), est-il « sage » et « responsable » de collectivement «perdre la main» et laisser s’externaliser les conditions de satisfaction de l’un de nos besoins élémentaires, à savoir, se nourrir ? À l’échelle d’une entreprise, si le PDG ou le manager des risques laissaient tranquillement « filer » une fonction stratégique, ne seraient-ils pas illico « remerciés » pour inconscience ou incompétence par les actionnaires ? Il n’existe pas d’ordre public sans accès pérenne et totalement sécurisé à la nourriture. Dans le cas où un «plan B» où un «plan de continuité alimentaire » ne seraient pas régulièrement testés dans tous ses imprévus et complexités, ne devrait-on pas reconsidérer la production nourricière sur nos territoires et l’approvisionnement des villes comme « stratégiques » ? Cette question est-elle « inappropriée » ? Ce « talon d’Achille alimentaire », « trou » dans la pyramide des besoins, n’est-il pas un « trou dans la raquette » de la sécurité globale des territoires ? Ainsi, je rajouterais un quatrième pilier aux trois du développement durable (économie, social, environnement) sur lesquels les états généraux de l’Alimentation ont consacré celle-ci : celui «d’infrastructure résiliente territorialisée» articulée à « l’ordre public ». De plus, ce nouveau pilier pourrait enrichir le plaidoyer gouvernemental dans le cadre des négociations de la future PAC… Pour tous les systèmes, les «appauvrissements fonctionnels » sont d’abord sources de déséquilibres, puis de vulnérabilités et, enfin, de pathologies… Et si, par un non-respect de limites, par une équivalente rupture des « équilibres » et par une même absence de conscience des risques… les sols et les organismes humains avaient déjà développé des pathologies que pourront aussi connaître nos territoires ? C’est justement ces questions que j’aborde dans un ouvrage pluridisciplinaire en cours d’écriture avec Marie Anderes, ingénieure en agro-alimentaire Ensat et nutritionniste.

Le MS se met aux MOOC

En 2015/16 le MS GRT modifiait son programme pédagogique en introduisant 2 nouveaux modules : Cyber-sécurité et Économie et risques. Le total de modules passant de 8 à 10, pour un volume horaire de 464 heures.

En 2016/17 la nouveauté a consisté en l’introduction des premiers MOOC (Massive Open Online Courses).
Ainsi des séquences de 15/20 minutes pour les plus longues permettent aux auditeurs d’arriver en cours avec les fondamentaux du module. À terme, les MOOC permettront de faciliter la création de créneaux pour des visites de terrain, ou le développement de thèmes dans des modules ou même l’intégration de nouveaux modules!

Pour l’heure un MOOC a été créé pour la théorie liée aux aspects de communication interpersonnelle. Pour ce module cela se traduit par une formation à distance de 53 minutes. Grace au temps gagné sur le créneau du module en présentiel, le cours se compose désormais à 90% d’exercices et de mise en situation ce qui a permis d’activer l’interactivité entre les auditeurs et de leur donner des repères quant à une intervention orale.

Le second MOOC porte sur les fondamentaux du droit où 3 heures de cours sont désormais disponibles. Cela a permis d’introduire un changement de paradigme dans les cours qui se concentrent désormais sur des aspects pratiques et sur le retour d’expériences de métiers liés aux aspects juridiques avec la rencontre et l’échange avec des professionnels du droit.

De nouveaux MOOC sont en préparation pour la rentrée prochaine!

Appel aux mémoires

Nous souhaitons vivement que chaque ancien auditeur du Mastère Spécialisé® comme du Diplôme Universitaire s’inscrive au Blog et poste le résumé de son Mémoire.

Pour le MS et le DU c’est très important que de conserver des liens étroits avec ses anciens élèves : cela nous est d’ailleurs demandé expressément par la Commission Nationale des Certifications Professionnelles et sera vérifié lors des dépôts cette année de la demande de reconnaissance du DU par le RNCP et de prolongement de la reconnaissance du MS pour 6 nouvelles années.

Alors, anciens élèves de la Gestion des Risques, et nouveaux Conseillers en Management des Risques, à vos claviers!

Triple remise de diplômes

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Le samedi 25 juin 2016 à l’EISTI, campus de Cergy aura lieu la remise de diplômes des élèves du Mastère Spécialisé® promo 2016, ainsi que celle du Diplôme Universitaire (DU) de Montigny.

Le vendredi 1er juillet 2016, c’est à Lyon que seront décernés les diplômes du DU de Lyon.

Cette remise de diplôme clôturera un an de formation pour le DU et 16 mois pour le Mastère Spécialisé®.

De nouveaux Conseillers en Management des Risques sont prêts à relever les défis des territoires.

Le Colloque EISTI – Préventique

Le Colloque « Risques et développement en Région Hauts-de-France »
Face aux risques et défis à venir, le développement de la Région !

Le 8 juin 2016 à Lille Hôtel de Région Hauts de France est organisé par le Mastère Spécialisé® Gestion des Risques sur les Territoires de l’EISTI et la Revue Préventique, un colloque sur les risques en région Hauts de France.

Face aux risques et aux vulnérabilités du territoire (de toutes natures : technologiques, économiques, sociaux, environnementaux…), face aux défis que le territoire doit relever, le Colloque veut aider à dégager les opportunités et pistes du futur, en mobilisant les capacités d’intelligence territoriale et de résilience du territoire de la Région.

La Région a subit de nombreux chocs dans les dernières décennies : chocs économiques avec la perte des deux grandes ressources des Mines et du textile ; chocs écologiques ; chocs sociaux, mais elle a su protéger ses atouts : carrefour maritime, ferroviaire et routier; densité et solidarité de la population ; capacités industrielles et agricoles. Le Colloque présentera trois grands axes de développement, exprimant les capacités de résilience d’une région forte de ses valeurs humaines :

  • la croissance verte et la troisième révolution industrielle (avec les exemples de Loos en Gohelle et d’autres projets),
  • le numérique souverain et sécurisé (et les nombreux projets de la Région)
  • les métiers de la sécurité et du risque.

L’objectif est de faciliter l’émergence de projets régionaux fédérateurs susceptibles d’enrichir les grands projets régionaux et de façonner le futur.

Réserver sa place

La Présidence du Jury du MS

Nous avons le plaisir de vous informer que le Mastère Spécialisé® a changé de Président de Jury ! M. Régis Thépot, Directeur Général de Seine Grands Lacs, a accepté de prendre cette charge en succédant à Guy Planchette.

Nous remercions très sincèrement et très vivement Guy Planchette, pour son investissement à la Présidence du Jury du MS depuis 2010 ! Toujours impliqué et passionné pour diriger les débats du Jury, apporter beaucoup de soin à la qualité des décisions de ce Jury et à la qualité des Mémoires, Guy Planchette a continué malgré son âge à contribuer à l’enseignement de la gestion des risques, de la cindynique.

Nous sommes très heureux de la nouvelle impulsion que Régis Thépot pourra apporter au Jury du Mastère. Ses responsabilités envers les habitants et les entreprises de la Grande Région parisienne pour renforcer la lutte contre les inondations la réduction des conséquences d’une crue centennale en Île-de-France sont connues. Il nous apportera son enthousiasme pour la formation des élus et professionnels à la gestion des risques.

Une Journée à l’Assemblée Nationale

À l’Assemblée Nationale, le 6 décembre 2014, s’est réuni le Conseil d’Orientation et de Perfectionnement du Mastère. Il réunit, entre autres, de hautes personnalités du Ministère de l’Intérieur, de la Gendarmerie, de la BSPP, de la Fédération des Sapeurs-Pompiers de France, un Préfet de Département, trois chefs d’Etat-Major de Zone de Défense (dont Île de France et Antilles), trois grandes entreprises (SNCF, EDF, Véolia), quatre grandes Villes (Paris, Marseille Roubaix et Les Mureaux)… L’objectif du Conseil est d’aider au développement et au perfectionnement du Mastère, en préparant ses projets à court et à long terme.

Il fut suivi de la Cérémonie de remise des Diplômes des Mastères Spécialisés® et des Titres Professionnels de « Manager des Risques » à la promotion 2012-2013.

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